Voir le Vin


Voir le Vin – Ou comment Ophélie (1852) de Sir Everett Millais nous parle du cépage Aligoté...

Millais nous restitue la nature telle qu’il l’a observée pendant des mois, depuis la berge d’une rivière anglaise. Cette huile préraphaélite nous montre le dernier souffle de vie de l’héroïne shakespearienne Ophélie (Hamlet), qui, devenue folle après la mort de son père, se jette dans une rivière.  Le corps de la jeune fille, paré d’une robe richement brodée, ne fait qu’un avec l’élément liquide, il flotte, entouré de plantes aquatiques, d’une multitude de fleurs aux couleurs tendres, d’un halo de végétation. Le sujet est tragique, et malgré ce corps qui semble s’enfoncer dans les profondeurs de la rivière, il se dégage de cette œuvre, peinte avec une minutie déconcertante, une délicate fraîcheur, une impression de sérénité, de fluidité.

 

Je retrouve dans cette œuvre les expressions du cépage Aligoté, ses notes fleuries et minérales, sa fraîcheur, sa légèreté, sa fluidité.

 

En savoir plus sur ce vin :

L’Aligoté est un cépage originaire de Bourgogne, et descend du Pinot Noir. Peu cultivé dans le monde, délaissé en France, il bénéficie depuis peu d’un regain d’intérêt. Il est produit surtout en Bourgogne et entre dans l’élaboration des Appellations  Bourgogne-Aligoté, Coteaux Bourguignons, Crémant de Bourgogne et AOC Village Bouzeron.

Cépage vigoureux, il sera d’autant plus élégant que son rendement sera maîtrisé.

A l’œil, robe jaune pâle, avec des reflets dorés.

Au nez, des arômes frais de fleurs blanches (acacia, aubépine, sureau, tilleul), de fruits à chair blanche (pomme verte, pêche blanche), de citron.

En bouche, une fraîcheur et une vivacité marquées, avec des notes citronnées et minérales. Une acidité bien présente, une impression de légèreté, de fluidité. 

Bu jeune, il garde ses arômes délicatement fleuris et fruités, il peut aussi être gardé 3 ou 4 ans. Il est merveilleux avec des fruits de mer, des poissons, crustacés, viandes blanches, et les chèvres.

 

Voir le Vin – Ou comment La Main aux algues et aux coquillages (1904) de Emile Gallé nous parle du Chablis...

L’artiste verrier a toujours été inspiré par la mer, et nous livre ici un joyau technique. Cette œuvre en cristal figure une main sortant de la mer. Elle joue avec la lumière, le translucide, les couleurs opalescentes et subtiles. Œuvre pure, fraîche aussi, par la matière choisie, et le sujet, la mer. Y sont accrochées des algues, des coquillages, comme autant de parures. Main gracieuse, fine, élégante, élancée, main inquiétante aussi : sort-elle de l’eau, appelle-t-elle à l’aide ? 

 

Je retrouve dans cette œuvre l’aboutissement du Chardonnay en Chablis, sa grâce, son cristallin, sa pureté, sa signature saline. 

 

En savoir plus sur ce vin :

Le vignoble de Chablis est situé en Bourgogne Nord, à 200 km de Paris. Il englobe 4 appellations : Petit Chablis, Chablis, Chablis 1er Cru et Chablis Grand Cru. Le Chardonnay est le seul cépage de ce célèbre vin blanc sec, qui puise dans un sous sol âgé de 150 millions d’années sa personnalité minérale, et dans le climat semi-continental son équilibre, entre rondeur et fraîcheur.

J’aborde ici le Chablis, caractérisé par sa pureté, sa fraîcheur, sa finesse, sa minéralité. 

A l’œil, robe jaune pâle, brillante, puis or.

Au nez, un bouquet riche et frais, très fruité (citron, pomelos, pomme verte, poire), de fleurs (chèvrefeuille, lys, tilleul, acacia), végétale (herbe coupée, fougère, foin), de sous-bois et de champignons. De pierre mouillée. Des notes beurrées, briochées. Parfois des notes vanillées de fût de chêne. En vieillissant, des notes d’épices douces. 

En bouche, un vin aromatique, gras et pourtant très énergique,  une note prononcée de pierre mouillée. Une finale longue, de cristal.

Il peut être consommé jeune, ou gardé environ 5 ans. Il accompagne les fruits de mer, les asperges, les fromages de chèvre, et de type Comté. 

 

Voir le Vin – Ou comment Le Déjeuner des canotiers (1881) de Auguste Renoir nous parle du Châteaumeillant rouge...

 Renoir aime évoquer les ambiances parisiennes des bords de Seine. Nous sommes ici à Chatou, au restaurant Fournaise, une guinguette qu’aimaient fréquenter les parisiens. Renoir peint un groupe d’amis, ils déjeunent agréablement au bord de l’eau. Renoir saisit ce moment plein de vie, d’une jeunesse heureuse et insouciante, un après-midi d’été : les restes d’un repas appétissant, les fruits d’été, les bouteilles de vin entamées, les discussions intimes, les rêveries... Nous ressentons ici cette atmosphère gourmande, douce, de chaleur juste rafraîchie par l’eau de la Seine, une atmosphère de légèreté, de petit coin de paradis.

 

Je retrouve dans cette œuvre la gourmandise du Châteaumeillant rouge, sa jolie rondeur, sa légèreté et sa fraîcheur.

 

En savoir plus sur ce vin :

Châteaumeillant est une appellation française assez méconnue, avec moins de 100 hectares, située dans la Loire, région Centre, au Sud de Bourges. Elle produit des vins rouge sec, rosé et blanc.

En rouge, les cépages sont le gamay (au moins 60%) et le pinot noir.

A l’œil, une robe rubis violacée.

Au nez, des notes de fruits rouges (fraise, cerise, mûre, cassis), parfois maturés. Une pointe d’épice (poivre blanc). 

En bouche, des arômes très fruités, un vin qui tapisse la bouche, rond, élégant, des tanins soyeux. Un vin léger, frais, et pourtant présent. Une petite note poivrée en fin de bouche. 

C’est un vin à boire dans sa jeunesse, qui peu également être gardé pendant 5 ou 6 ans. A boire légèrement frais, il fait merveille avec les viandes grillées, rouge ou blanche, et les poissons ! 

 

Voir le Vin – Ou comment La Liseuse (1896) de Edouard Vuillard nous parle du Saint Joseph rouge...

Nous sommes dans l’intimité de cette femme, absorbée par sa lecture, indifférente au monde. Elle est engloutie par la profusion des objets et des motifs régnant dans la pièce. C’est un jaillissement de déclinaisons de couleurs chaudes, qui ne sont pas agressives, mais subtiles et délicates. Cette œuvre est marquée par une profusion douce, elle est dans le même temps très structurée, avec des lignes claires. Intensité des motifs, complexité de la structure, délicatesse de cette peinture. Nous sentons la chaleur de cet intérieur bourgeois, par les étoffes épaisses, veloutées ou moirées, ainsi que les effluves florales, capiteuses et musquées, de bois ciré et de cuir, ou d’un feu de bois...

 

Je retrouve dans cette œuvre la complexité aromatique du Saint Joseph rouge, ses notes chaudes, fruitée, florale et épicée, son intensité, sa structure, et dans le même temps son velouté, sa délicatesse et sa grâce. 

 

En savoir plus sur ce vin :

La Syrah est le grand cépage de l’Appellation Saint Joseph, située en Vallée du Rhône Nord. C’est un cépage délicat qui a besoin de chaleur pour mûrir, il produit des vins noirs, poivrés et structurés.

Au nez : des notes plus ou moins marquées de fruits rouges et noirs (framboise, groseille, myrtille, mûre, cassis); de fleurs (violette) ; d’épices (poivre, réglisse) ; d’herbes (eucalyptus, menthe). En vieillissant, apparaissent des notes plus complexes mêlant fruits cuits (pruneau) musc, truffe, cuir.

En bouche : vin très aromatique, délicat et gracieux et pourtant charpenté, avec des tanins veloutés, de l’alcool et peu d’acidité, et une belle longueur. On retrouve les mêmes notes de fruits noirs, d’épices, parfois de tabac (climats frais) ou de fruits noirs confiturés.

C'est un vin apte au vieillissement, qui accompagne à merveille viandes rouges cuisinées, grillées et gibiers.

 

 

Voir le Vin – Ou comment Le Printemps de S.Botticelli nous parle du Sauvignon Blanc...

J’aborde ici le Sauvignon Blanc du Val de Loire, dont les plus célèbres Appellations côté Centre sont Sancerre, Pouilly Fumé, ou encore Menetou Salon, Quincy, Reuilly... et plus à l’Ouest, la Touraine. Cultivé partout dans monde, il laisse s’exprimer le terroir, ses arômes sont donc très différents selon les pays et les régions !

 J’ai associé les expressions de ce Sauvignon Blanc au plus grand peintre de tradition florentine, Sandro Botticelli (1444-1510), et notamment à son                  œuvre magistrale qu’est le Printemps (1482).

Cette œuvre nous fait ressentir la fraîche douceur d’un matin printanier : Zephir, le vent léger du printemps, souffle sur les Trois Grâces, dont les voiles transparents et les chevelures s’agitent. Aériennes, elles dansent pieds nus sur l’herbe verte et grasse, parsemée de fleurs aux teintes pâles et subtilement nuancées. Les arbres sont chargés d’oranges, de fleurs d’oranger, dont nous devinons les douces effluves embaumer l’air. Une tranquille lumière passe à travers un feuillage chargé. 

Cette peinture est une ode à la Nature, à l’harmonie.   

 

Et je retrouve bien ici les arômes printaniers, frais et légers, subtils et élégants du Sauvignon Blanc du Val de Loire...

 

En savoir plus sur ce cépage blanc dans son expression en Val de Loire :

Il est ici vinifié seul, et produit des vins blancs secs très aromatiques. 

Selon les terroirs, il peut avoir au nez de subtiles notes d’agrumes (citron, pamplemousse, orange), de fleurs (acacia, genêt, fleurs d’oranger...), de fruits blancs (pomme verte, poire), des notes végétales ou herbacées (asperge blanche, buis, herbe coupée, fougère, menthe, fenouil)...

Il est marqué en bouche par la légèreté, la finesse, la fraîcheur, la vivacité... et parfois une pointe de caillou mouillé, ou de fumée.

Le Sauvignon Blanc adore le climat frais, qui permet de développer ces jolis arômes printaniers, cette vivacité et cette élégance si caractéristiques ! 

Pour garder cette fraîcheur, cette subtilité, le Sauvignon Blanc est bu dans sa jeunesse, je le marie à des mets délicats tels que les produits de la mer ou le  chèvre.

 

 

Vin & Art... Associer un vin, un cépage, à une oeuvre d'art.

"Voir le Vin" est un pont jeté entre la vision et l'olfaction/le goût. Pour amener à voir les impressions olfactives et gustatives nées du vin... et ainsi essayer de mieux le connaître et en parler!